
Italie’ dopo la dolce vita
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les détails des expositions
MARCO DELOGU [due migrazioni]
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Exposition du 11 septembre au 22 octobre 2011
Vernissage le 10 septembre, à partir de 18h
en présence de l’artiste
BERNARD PLOSSU [dopo l’estate]
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Exposition du 10 septembre au 29 octobre 2011
Vernissage le 9 septembre à partir de 18h
en présence de l’artiste
GILLES VERNERET [I luoghi di Pasolini]
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Exposition du 10 septembre au 29 octobre 2011
Vernissage le 9 septembre à partir de 18h
en présence de l’artiste
CLAUDE NORI [l’été italien]
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Exposition du 10 septembre au 29 octobre 2011
Vernissage le 9 septembre à partir de 18h
en présence de l’artiste
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POSTFACE
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RENDEZ VOUS
le 9 septembre 2011 à 14h30 à la Mairie du 1er
pour une conférence autour d’une table ronde avec les photographes du festival, animée par Laura Serani, comissaire d’expositions, directrice de projets culturels et conseillère pour la photographie
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“Italia, dopo la dolce vita”
Catalogue de l’exposition
Collection “Sans titre”, Éditions deux-cent-cinq
Photographies de:
Dan Dubowitz
Claude Nori
Bernard Plossu
Gilles Verneret
Textes de Laura Serani et Marco Delogu
Préface de Gilles Verneret
72 pages
Format 16 x 22 cm
Prix: 17,50 €
ISBN 978-2-919380060
www.editions205.fr
  

Voir les éditions précédentes de
LYON SEPTEMBRE DE LA PHOTOGRAPHIE.

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Preface :
Dopo la dolce Vita …
Le monde de l’art, et Lyon septembre de la photographie en particulier, se devaient à leur manière de rendre compte et hommage à l’évènement politique majeur que représente ce 150ème anniversaire de l’unité italienne. “Unité” illustrée par cette belle culture qui a souvent cheminé aux côtés de celle voisine de la France, des époques romaines à la Renaissance aux campagnes du petit caporal, aujourd’hui proclamée en ces termes :
« Victor Emmanuel II assume pour lui et ses successeurs le titre de roi d´Italie. Mandons et ordonnons que la présente, revêtue des sceaux de l´État, soit insérée au Bulletin des lois du gouvernement et que tout un chacun l´observe et la fasse observer en tant que loi étatique. A Turin, le 17 mars 1861. » Avec le couronnement de Victor Emmanuel II, commence le processus d’unification, qui s’achève en juin 1946 par la proclamation de la république Italienne et de la convocation de la première assemblée constituante, après vingt années de dur régime fasciste.
Le lien entre art et politique est justement illustré dans notre propos par la vie, les textes et actions du poète, cinéaste, critique Pier Paolo Pasolini, entre les années cinquante de son arrivée à Rome et son assassinat intervenu à la fin de l’année 75. La pertinence de ses analyses dans les journaux de l’époque, sur la situation politique de l’Italie des années de plomb, peu avant sa mort, a parfaitement anticipé le développement de la mondialisation et du consumérisme généralisés, qui a abouti à la prise de pouvoir des néolibéraux, de Sarkozy à Berlusconi, aux dérives droitières.
Pasolini a été l’incarnation fidèle de ce rôle éminent, que peuvent et doivent jouer les intellectuels-artistes dans nos sociétés démocratiques libérales, avec leur liberté de parole et leur originalité de vue. Sans doute victime propitiatoire du retour de la stratégie de tension*, initié majoritairement par les extrémismes néo fascistes de droite (mais aussi par le gauchisme) sous tendue par les activités souterraines de la C.I.A ; Pasolini a marqué de son empreinte toute l’histoire Italienne d’après guerre jusqu’à nos jours, et il nous a paru important, à l’heure de cette commémoration, de raviver sa mémoire.**
Mémoire ré exhumée dans l’évocation photographique des lieux où il a vécu et dans la présentation des extraits de ses “Ecrits corsaires” et “Lettres luthériennes”. Il n’est pas, de même, indifférent de noter que les années terroristes de plomb (1969-80) ont commencé au moment, où s’essoufflait la première étape du grand boom économique du Nord de l’Italie, et s’éteignait lentement dans le même temps le cinéma néo-réaliste italien des Rosselini, Visconti, Fellini, De Sica, Bolognini et Pasolini, comme pour conjurer la fin de la Dolce vita, Cette “dolce vita”, devenue aujourd’hui concept commercial, exprimait à l’époque une joie de vivre retrouvée, après les années de guerre et de fascisme, dans l’ivresse paroxystique du maestro Fellini.
Douceur italienne intemporelle, avec ce zeste de nostalgie signifié par sa vision hors saison, que Bernard Plossu a saisi dans l’esprit nouvelle vague. Tel un petit poucet stendhalien, admiratif de l’Italie, il a traversé de sauts en sauts et d’îles en îles le géant botté, abandonnant un à un ses petits clichés noirs et blancs au dessus des Eoliennes.
Dans un autre registre, son camarade Claude Nori (de souche italienne), nous rappelle aux souvenirs vivaces des étés Viscontiens, sur les plages des lidos caniculaires, où les jeunes et jolies italiennes, flirtent du bout du regard avec leurs roméos, au rythme bel canto des coups de pédale de Felice Gimondi.
“Dopo…*** ” la réalité reprend ses droits avec le recul de l’histoire en mouvement perpétuel et l’Irlandais Dan Dubowitz n’a pas manqué de tenir le registre consciencieux et presque’ exhaustif de la mémoire de l’architecture mussolinienne, vantant une gloire dépassée, aujourd’hui à l’abandon, que l’Italie moderne encore frileuse, a préféré exclure des réhabilitations patrimoniales, laissant se déliter irrémédiablement ces bâtiments, issus d’une espérance naïve et dangereuse.
Marco Delogu, photographe romain, a constitué pour finir le témoignage le plus récent et sans doute le plus actuel de l’évolution de la société Italienne dans les campagnes. Entre 1999 et 2007, de son point de vue photographique contrasté, Marco a gravé dans sa chambre les visages des rudes paysans sardes émigrés au Latium qui ont peu à peu été remplacé par ceux plus hermétiques des travailleurs venus de l’est. Il a réactivé ainsi lucidement ce constat de l’acculturation, issue de la globalisation des nouvelles classes laborieuses, faite par Pasolini des décennies plus tôt.
A l’orée d’un travail plus complet sur la photographie italienne****, Lyon Septembre de la Photographie a voulu montrer un flash, comme un souffle documentaire et poétiques d’images, afin d’initier une réflexion ultérieure, à la fois sur les chemins de la photographie contemporaine, et sur l’Italie éternelle du 150ème anniversaire.
Gilles Verneret, juillet 2011
* Tension orchestrée afin d’empêcher la venue au pouvoir et le compromis historique des communistes et de leurs alliés socialistes, avec la D.C (Démocratie Chrétienne).
** Il est aujourd’hui adulé dans toutes les officines culturelles de la botte, idole littéraire dont on prend soin de lui retirer toute actualité dérangeante.
*** Après le voyage à travers la photographie américaine ”US TODAY, AFTER” publié aux éditions Silvana Editoriale , Milan 2010, et sujet de la 6ème édition de Lyon Septembre de la Photographie.
***. Projet de livre en cours avec Walter Guadagnini sur la photographie Italienne de 1975 à nos jours. |